Origines et Fondation
Edmond Jaeger, grand horloger français et fournisseur de la marine de l'État, installe son atelier à Paris en 1880. Il construit des montres de bord pour la marine puis des compteurs pour l'aviation et l'automobile tout en s'occupant d'horlogerie fine. La conjugaison des deux talents, Edmond Jaeger et son directeur technique Henri Rodanet, scelle le destin de l'entreprise Jaeger en la conduisant au sommet.
Leur objet de prédilection se porte sur la montre extra plate. D'un côté, Edmond Jaeger réalise la montre de poche la plus plate au monde en 1903, le Calibre 145 qui est aujourd'hui encore le plus plat du monde dans sa catégorie. De son côté, Henri Rodanet réalise la première montre bracelet extra plate en 1908 destinée à la Maison joaillière Cartier, la montre Santos. Ce modèle est le point de départ de toute une collection de montres pour Cartier.
Innovations Pionnières
En 1909, Edmond Jaeger participe à la création des premières montres bracelets en déposant le brevet d'un système de fermeture de bracelet à boucle déployante.
En 1911, Edmond Jaeger dépose le brevet d'un « système de boîtier hermétique pour montres ». À cette date, et bien avant la célèbre marque Rolex ayant commercialisé la montre Oyster en 1926, Edmond Jaeger est le premier à créer des boîtiers étanches de toutes formes pour des montres bracelets.
À partir de 1915, Edmond Jaeger dépose plusieurs brevets de compteurs de vitesse jusqu'à son décès en 1922.
Henri Rodanet appliquera aussi son savoir-faire exceptionnel en matière de précision et de miniaturisation pour développer les montres de bord Jaeger dans l'aviation puis dans l'automobile.
L'Ère de l'Aviation
Pendant la Première Guerre mondiale alors qu'il est au front à Ypres, Henri réalise au nom des Ets Jaeger un tachymètre spécial à la demande des forces aériennes britanniques. Son rôle primordial est de contrôler le nombre de tours du moteur pour éviter la surconsommation du carburant ou la panne du moteur.
En 1917, l'armée britannique installe le tachymètre d'Henri Rodanet sur le biplan SPAD VII. Les anglais ont récupéré la licence de cet avion français performant pour le construire sur le sol britannique. Le tachymètre d'Henri se retrouve également sur des avions comme le Blériot, le Nieuport-Delage, le Voisin 10, le Farman, et bien d'autres.
Durant la guerre, 100 000 appareils de bord ont été fournis aux aviateurs français et alliés. Henri Rodanet innove par l'installation d'un bureau d'études unique en son genre et développe à un degré élevé les services de métrologie. La production en série passe par des études, des prototypes, des essais afin d'obtenir un produit fiable à meilleur coût.